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L'acteur

Gérard Construction, une famille de bâtisseurs tournée vers l’avenir

À Bertrix, Gérard Construction célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Fondée par un maçon parti de presque rien, l’entreprise est aujourd’hui dirigée par ses deux fils. Elle emploie près de 40 équivalents temps plein et s’appuie sur un important réseau de partenaires et de sous-traitants. Rencontre avec Fabian et Jean-Philippe, les deux frères qui portent cette entreprise familiale tournée vers l’avenir.

Une histoire familiale bâtie sur le terrain

« Notre mère disait toujours que, lorsque nos parents se sont mariés, notre père avait 100 francs belges en poche et un sac de linge sale. Il a réellement commencé de rien», racontent ses fils. Le premier bureau était installé chez les parents. L’entrepôt se trouvait dans leur garage. Puis, au fil du développement, il a fallu s’agrandir : un premier dépôt, un autre bâtiment, avant l’installation sur le site actuel de Bertrix.

« Nous avons cherché longtemps un endroit où nous pouvions avoir l’espace et la visibilité adéquats pour l’entreprise que nous devenions. Nous avons trouvé ce terrain vers 2012 et y avons construit pour nous y installer en 2015 ».

Les deux frères n’ont jamais envisagé l’entreprise comme une réalité extérieure à leur vie. Ils y sont entrés à 16 ans, comme apprentis et manœuvres : « Nous sommes tombés dedans quand nous étions petits et nous n’avons jamais lâché ».

En 1997, Gérard Construction comptait douze travailleurs. L’entreprise représente désormais près de 40 emplois directs.

Chantiers et  dossiers administratifs

Entreprise générale, Gérard Construction construit, rénove et développe également ses propres projets immobiliers. En interne, l’activité repose principalement sur les métiers de la maçonnerie et du gros œuvre.

« Nous prenons en charge le projet de A à Z. Notre rôle, c’est de coordonner les corps de métier, de suivre le chantier et de remettre les clés au client ». L’entreprise ne se positionne pas sur le marché de la maison standardisée à bas coût.

« Les clients nous appellent parce qu’ils nous connaissent, ou parce qu’ils connaissent nos constructions. Ils recherchent quelque chose de personnalisé, un travail qualitatif que d’autres ne font pas ».

La société propose ainsi des spécialisations particulières. « Nous avons encore plusieurs maçons capables de travailler la pierre. C’est un savoir-faire qui devient rare. »

L’entreprise travaille aussi pour des communes, la  Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles ou l’État fédéral. Autant de donneurs d’ordre dont les procédures et les cahiers des charges diffèrent. « Travailler pour le secteur public n’est pas donné à tout le monde. Nous avons heureusement une expérience ancienne dans ce domaine. C’est nécessaire d’être bien rôdés car la manière dont les marchés publics fonctionnent change régulièrement ».

Le défi principal est aujourd’hui administratif. « Nos gestionnaires de chantier devraient passer l’essentiel de leur temps à organiser les travaux. Dans les faits, jusqu’à 40% de leur temps est malheureusement consacré à des tâches administratives : documents techniques, aspects économiques, plannings, contrôles,… »

Le recrutement est également un challenge : trouver des ouvriers ou des indépendants compétents est de plus en plus difficile. Le métier demeure exigeant, même si les outils et les engins ont fait évoluer les conditions de travail.

« Il y a davantage de grues et moins de manutention qu’autrefois, mais cela reste un métier lourd. Il faut travailler dans le froid, la chaleur, l’humidité. Porter une poutre ou un élément lourd, c’est très physique. ».

Compétitivité et maîtrise des coûts

Gérard Construction poursuit cependant sa croissance. « Cela fait plus de trente ans que notre chiffre d’affaires augmente. Il y a des cycles, mais nous avons l’avantage de    travailler à la fois pour les secteurs public, privé et la promotion immobilière. Cette diversité nous permet de toujours avoir du travail ».

Les gestionnaires ne peuvent que constater l’augmentation globale des coûts : matériaux, énergie, main-d’œuvre et taux d’intérêt. « Dans la construction neuve, la TVA reste à 21%. Notre secteur défend l’idée d’une TVA à 6%, parce que cela diminuerait directement le prix pour les acquéreurs. Aujourd’hui, nous avons le sentiment qu’il faut presque être riche pour construire ».

Après cinquante ans d’existence, Gérard Construction voit l’avenir avec optimisme et veut continuer à miser sur la qualité. Les deux frères sont confiants : « Nous savons que Gérard Construction continuera ses activités, avec ou sans nous. C’est une entreprise qui a été construite pour durer. »