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Portrait

Sophie Wilmès, son année 2000

L’an 2000 marque le début de l’engagement politique de notre actuelle ministre des Affaires Etrangères. Cette année-là, elle est élue pour la première fois.

Aviez-vous prévu de vous lancer politiquement cette année-là ?

J’ai grandi dans une famille où la politique avait une place prépondérante car mes deux parents travaillaient dans cet univers. Personnellement, je ne m’étais jamais dit que je ferais ce type de parcours. Mais j’ai été confrontée à l’approche pratico-pratique de la politique locale, pleine de sens pour les gens au quotidien. A l’époque, un permis de bâtir qui devait être délivré dans mon quartier à Uccle suscitait de l’émoi. Une mobilisation citoyenne a vu le jour et j’en faisais partie. C’est ça qui m’a plu. J’ai ainsi rencontré Éric André qui était secrétaire d’État à l’aménagement du territoire à Bruxelles et candidat bourgmestre à Uccle. Une personnalité exceptionnelle. Je lui ai dit que j’avais envie de soutenir sa campagne électorale en distribuant des tracts, pour apprendre. Peu de candidats refusent ce type d’aide, en particulier venant de jeunes, une jeune femme en plus. Il m’a proposé une place sur la liste en me disant : « en étant 29ème sur 41, tu as 0 chance d’être élue mais comme ce n’est pas ton objectif, ce n’est pas grave ». Effectivement, ce n’était pas mon objectif, cela me permettait d’avoir une première expérience. J’ai finalement été élue de justesse. Et 21 ans plus tard, je suis ici.

Qu’est-ce qui a changé dans la façon de faire campagne ?

Je crois qu’en Belgique on aime toujours le contact direct. Cela ne change pas. Lors des communales, je continue à faire du porte-à-porte. Vous investissez votre commune au quotidien. Évidemment, quand vous commencez et que personne ne vous connaît, vous êtes obligé d’aller chercher les voix au forceps. Pour la dernière campagne fédérale, j’étais Avenue Louise, je distribuais des tracts, un français prend mon tract, me regarde et me dit « mais vous êtes ministre ?! » je dis « oui », il me dit « mais c’est incroyable, jamais en France on verrait un ministre distribuer ses tracts ». Les réseaux sociaux ont pris de plus en plus de place. Si vous n’existez pas sur Facebook par exemple, c’est beaucoup plus difficile d’y arriver. Mais le problème, c’est la communication de masse : oui, vous touchez beaucoup de gens, très vite, mais il n’y a pas le dialogue, moins de capacité d’analyse, d’explication. Pour une campagne communale, je ne pense pas que tout miser sur le numérique soit la meilleure manière de faire. On critique beaucoup les tracts à cause du gaspillage de papier, mais je vois aussi que beaucoup de gens les conservent à l’approche du scrutin pour les relire et faire leur choix définitif. Le tactile, l’objet, compte.

 

Je ne m’étais jamais dit que je ferais ce type de parcours.

Qu’est-ce-que Sophie Wilmès a de plus et de moins qu’il y a 21 ans ?

A part 21 ans de plus… (rires) ! Plus sérieusement, je ne vis pas dans le regret. Les erreurs aussi nous grandissent ! Je ne suis plus la même qu’à 25 ans, ça c’est l’expérience de vie et heureusement d’ailleurs. J’aime m’entourer de gens plus expérimentés comme de gens qui viennent avec un regard neuf. Je ne suis pas une grande patiente mais à 46 ans on prend plus de recul qu’à 25 ans. On a aussi un bagage de connaissances. Je suis aussi devenue plus méfiante, c’est malheureusement quelque chose qu’on est obligé d’apprendre en politique.

Le mot de la fin … ?

J’estime qu’on ne met pas assez en avant le travail de tous ces élus locaux peu connus mais très investis. Quand j’étais jeune élue communale, j’avais plusieurs vies : mon engagement politique, mon travail à temps plein, et maman de jeunes enfants. Beaucoup d’élus locaux doivent jongler ainsi : travailler, aller chercher leurs enfants à l’école, s’en occuper, puis mettre leur casquette d’élus locaux. On n’en parle pas toujours mais des centaines de gens consacrent ainsi leurs soirées et leurs weekends à leur commune et à leurs concitoyens.

 

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