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Portrait

Audrey Henry – Une passionnée de culture au gouvernement bruxellois : « Le théâtre, c’est ma respiration »

Secrétaire d’État bruxelloise, Audrey Henry nous reçoit au Théâtre Royal du Parc, en plein cœur de la capitale. Entre souvenirs d’enfance, coups de cœur artistiques et besoin de déconnexion, elle raconte la place centrale que la culture – et le théâtre en particulier – occupe dans sa vie.

Un théâtre emblématique, chargé d’histoire

« Je voulais vous recevoir ici car c’est un lieu emblématique de Bruxelles, un théâtre qui existait avant même la création de la Belgique, qu’on appelait à l’époque le “petit théâtre” en opposition au “grand théâtre”, qui est devenu la Monnaie», explique-t-elle. Elle rappelle que c’est depuis la Monnaie qu’a été lancée la révolution belge. « Pour moi, ce sont des lieux historiques, emblématiques, qui ont vu passer de grandes figures comme Victor Hugo ou Sarah Bernhardt». 

 

Une passion pour le théâtre… et pour la culture sous toutes ses formes

Sa passion ne se limite pas à la scène, même si le théâtre occupe une place à part. « J’ai une passion pour le théâtre, mais aussi pour la culture de manière plus large. Le cinéma, les expositions, les concerts… Quand j’étais étudiante, j’avais une carte illimitée pour le cinéma, j’y allais énormément. Quand je suis arrivée à Bruxelles, je me suis davantage tournée vers le théâtre, les expos, les concerts. Pour moi, c’est un peu la culture sous toutes ses formes».

La culture comme déconnexion et comme réflexion

Ce que lui apporte la culture, elle le décrit presque comme un besoin vital. « Quand je rentre dans une salle de théâtre, par respect, je mets le téléphone en mode avion. Je me force à déconnecter. Je me laisse porter par ce que les artistes me présentent. À Bruxelles, on a tellement de talent que c’est facile de rentrer dans l’histoire. Déconnecter et me plonger dans ce qu’un artiste a envie de m’offrir, c’est vraiment très bon pour ma santé mentale ». Le théâtre a, selon elle, une force particulière : « Il fait noir dans la salle, on est concentré vers la scène. Chaque soir est unique. » 

Du Conservatoire à Jacques Brel : une culture vécue

La culture, Audrey Henry ne la consomme pas seulement : elle l’a pratiquée. « Pendant des années, j’ai fréquenté le Conservatoire de La Louvière. Je faisais de ladiction, du solfège et je jouais de la flûte traversière. J’y suis allée trois à quatre fois par semaine pendant toutes mes primaires».

Le théâtre, elle l’a approché plus tard, grâce à un professeur en rhéto : « Il nous a fait étudier L’Avare en nous le faisant jouer, et c’est aussi grâce à lui que j’ai découvert Jacques Brel.  Il   nous  a  fait   écouter  Ne me quitte pas  en classe. J’ai trouvé ce texte tellement magnifique que ça m’a ouvert les yeux sur son univers. »

Aujourd’hui, c’est son fiancé qui monte sur scène, dans une troupe amateur. « Il joue depuis dix ans. Je suis sa plus grande fan… et peut-être qu’un jour, si j’ai le temps, pourquoi pas moi aussi monter sur les planches ».

« Oser franchir la porte »

Son message est simple : oser franchir la porte. « Pour moi, la culture est partout. Il n’y a pas de mauvaise culture, ni une culture élitiste réservée à quelques-uns. Pour les jeunes, il y a énormément de réductions qui rendent la culture accessible, y compris des lieux comme l’Opéra de la Monnaie. Les jeunes pourraient se dire : l’opéra, ce n’est pas pour moi. Mais pour le prix d’une place de cinéma, ils peuvent tenter un premier opéra. Ça vaut la peine de tester avant de dire qu’on n’aime pas. »